Gravir l’échelle de la conscience

Par Paul Chefurkatracing-infinity

Article original en anglais : Climbing The Ladder of Awareness
Traduction libre (de tous droits d’auteur) par Paul Racicot. :
http://adrastia.org/gravir-lechelle-de-la-conscience-paul-chefurka/


Lorsqu’il s’agit de notre compréhension de la crise mondiale actuelle,
chacun de nous semble s’insérer quelque part le long d’un continuum de prise de conscience
qui peut être grossièrement divisé en cinq étapes:

1. En sommeil profond. tumblr_ns5n335yyD1smqdb1o1_400
À ce stade, il ne semble y avoir aucun problème fondamental, seulement quelques lacunes dans l’organisation humaine,
le comportement et la moralité, lacunes qui peuvent être résolues à l’aide d’une attention appropriée portée à l’élaboration de règles.
Les gens à ce stade ont tendance à vivre avec joie,
avec des explosions occasionnelles d’irritation lors de périodes électorales ou de la publication trimestrielle des bénéfices des entreprises.

2. Conscience d’un problème fondamental.
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Que ce soit le changement climatique, la surpopulation, le pic pétrolier, la pollution chimique, la surpêche océanique, la perte de biodiversité,
le corporatisme, l’instabilité économique ou l’injustice sociopolitique, un problème semble retenir l’attention complètement.
Les gens à ce stade ont tendance à devenir d’ardents militants pour leur cause choisie.
Ils ont tendance à être très volubile quant à leur problème personnel, et aveugle à tous les autres.

3. Conscience de nombreux problèmes.
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Alors que les gens absorbent des évidences de différents domaines, la conscience de la complexité commence à croître. À ce stade,
une personne s’inquiète de la hiérarchisation des problèmes en termes de leur urgence et de leur force d’impact.
Les gens à ce stade peuvent devenir réticents à reconnaître de nouveaux problèmes – par exemple,
quelqu’un qui s’est engagé à lutter pour la justice sociale
et contre le changement climatique peut ne pas reconnaître le problème de l’épuisement des ressources.
Ils peuvent penser que le problème est déjà assez complexe,
et que l’ajout de nouvelles préoccupations ne ferait que diluer l’effort à déployer pour résoudre le problème de « plus haute priorité ».

4. Conscience des interconnexions entre les nombreux problèmes.cropped-11802567_633067476829957_68629422622553522_o-1.jpg
La réalisation qu’une solution dans un domaine peut aggraver un problème dans une autre marque le début de la pensée systémique à grande échelle.
Elle marque aussi la transition entre penser la situation en tant qu’un ensemble de problèmes à la pensée de celle-ci en tant que situation difficile.
À cette étape, la possibilité qu’il pourrait ne pas y avoir de solution commence à pointer le bout de son nez.

Les gens qui arrivent à ce stade ont tendance à se retirer dans des cercles restreints de personnes aux vues similaires pour échanger des idées
et approfondir leur compréhension de ce qui se passe.
Ces cercles sont nécessairement petits, à la fois parce que le dialogue personnel est essentiel à cette profondeur d’exploration,
et parce qu’il n’y a tout simplement pas beaucoup de gens qui sont arrivés à ce niveau de compréhension.

5. Conscience que la situation difficile englobe tous les aspects de la vie.ogm
Ceci inclut tout ce que nous faisons, comment nous le faisons, nos relations à autrui,
ainsi que notre traitement du reste de la biosphère et de la planète physique.
Avec cette réalisation, les vannes s’ouvrent, et aucun problème n’est exempté de l’examen ou de l’acceptation.
Le concept même de «solution» est mis à nu et jeté de côté, il est un gaspillage d’efforts.

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Pour ceux et celles qui parviennent au stade 5, il y a un risque réel que la dépression s’installe.
Après tout, nous avons appris tout au long de notre existence que notre espoir pour demain
réside dans notre capacité à résoudre les problèmes d’aujourd’hui.
Lors-qu’aucun effort d’intelligence humaine ne semble en mesure de résoudre notre situation,
la possibilité d’un espoir peut disparaître comme la lumière d’une flamme de bougie,
pour être remplacée par l’obscurité étouffante du désespoir.

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Comment les gens composent avec le désespoir est, bien sûr, profondément personnel,
mais il me semble qu’il y a deux routes habituelles sur lesquelles les gens s’engagent pour se réconcilier avec la situation.
Elles ne sont pas mutuellement exclusives, et la plupart d’entre nous ferons usage d’un certain mélange des deux.
Je les identifie ici comme des tendances générales parce que les gens semblent être attirés davantage par l’une ou l’autre.

Je les appelle le chemin extérieur et le chemin intérieur.

Si l’on est enclin à choisir le chemin extérieur,
les préoccupations concernant l’adaptation et la résilience locale passent au premier plan,
comme en témoigne le Transition Network (Réseau de transition) et le Permaculture Movement (Mouvement de la permaculture).
Pour ceux et celles qui sont sur la voie extérieure,
le développement communautaire et les initiatives locales de développement durable auront un grand attrait.
La politique des partis organisés semble moins attrayante aux personnes de ce stade, cependant.
Peut-être que la politique est considérée comme une partie du problème,
ou peut-être est-elle simplement considérée comme un gaspillage d’efforts lorsque l’action réelle a lieu au niveau local.

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Si l’on est peu enclin à choisir la voie extérieure, soit à cause de son tempérament ou des circonstances,
le chemin intérieur offre son propre ensemble d’attraits.

Choisir le chemin intérieur implique la reformulation de l’ensemble en termes de conscience,
de conscience de soi et/ou d’une certaine forme de perception transcendante.
Pour quelqu’un sur ce chemin, ceci est considéré comme une tentative de manifester le message de Gandhi :
«Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde» au niveau personnel le plus profond.

Ce message est exprimé de façon similaire dans l’ancien adage hermétique :
«Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas; ce qui est au-dessous est comme ce qui est au-dessus».
Ou dans un langage clair : «Pour guérir le monde, commencez d’abord par vous guérir.»

Cependant, le chemin intérieur n’implique pas un «retrait dans la religion».
La plupart des gens que j’ai rencontrés et qui ont choisi une voie intérieure confèrent aussi peu d’utilité à la religion traditionnelle
que leurs homologues sur la voie extérieure n’en confèrent à politique traditionnelle.
La religion organisée est généralement considérée comme faisant partie du problème plutôt que comme une solution.
Ceux et celles qui sont arrivés à ce point ne portent aucun intérêt à l’évitement ou au soulagement de la douloureuse vérité,
ils souhaitent plutôt lui créer un contexte personnel cohérent.
Une spiritualité personnelle d’une sorte ou d’une autre convient souvent pour cela,
mais la religion organisée le fait rarement.

QUE DISENT LES GRANDS COURANTS DE PENSÉES SUR L’HUMANITÉ ?

Que disent les grands courants spirituels de l’humanité sur la liberté,
l’amour, la sagesse, les passions, le silence, les âges de la vie, le pardon, la violence, le mal, la compassion ?
Qu’est-ce que la prière, la méditation, le jeûne ?
Quels sont les grands symboles religieux, quel est le sens des rites ?

CONSULTER CETTE PAGE :

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Il est important de mentionner qu’il y a aussi la possibilité d’une difficulté personnelle grave à ce étape.
Si quelqu’un ne peut pas choisir un chemin extérieur pour une raison quelconque et résiste aussi à l’idée de croissance intérieure
ou de la spiritualité comme réponse à la crise d’une planète entière, alors il est vraiment dans une impasse.
Il existe quelques autres portes qui mènent hors de ce profond désespoir.
Si on reste coincé ici pour une longue période de temps, la vie peut commencer à sembler terriblement sombre,
et la violence à l’égard du monde ou de soi peut commencer à sembler être une option raisonnable.
S’il vous plaît, gardez un œil vigilant sur votre propre progrès et,
si vous rencontrez quelqu’un d’autre qui peut être dans cet état, s’il vous plaît, offrez-lui une oreille attentive.

D’après mes observations, chaque étape successive contient environ le dixième de la population de celle qui la précède.
Ainsi, alors que peut-être 90% de l’humanité est à l’étape 1,
moins d’une personne sur dix mille sera à l’étape 5 (et aucune d’entre elles n’est susceptible d’être un politicien).
Le nombre de celles qui ont choisi la voie intérieure au stade 5 semble aussi être
d’un ordre de grandeur plus petit que le nombre de celles qui sont sur la voie extérieure.

Pour ma part, j’ai choisi un chemin intérieur en réponse à ma prise de conscience de l’étape 5.
Ce qui me convient bien, mais naviguer sur cet(te) imminent(e) (transition, changement, métamorphose – appelez ça comme vous voulez),
requerra de nous tous – peu importe les chemins choisis – de coopérer dans la prise de décisions éclairées lors des moments difficiles.

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Meilleurs vœux pour un voyage de longue durée, passionnant et enrichissant.

Paul Chefurka
19 octobre 2012


http://www.paulchefurka.ca/ :

For the last half dozen years this web site has served as my “explorer’s notebook”.  It documents, in a very personal voice, my journey of discovery through the worlds of energy, ecology, economics and human culture.  It describes my point of view on the largely unrecognized, widely misunderstood and potentially tragic predicament facing humanity as a result of our refusal to accept limits on our activities or aspirations.I no longer see any point in singling out individual aspects of the human experience for special attention or criticism. Population growth, climate change, global corporatism, chemical pollution, resource depletion, species extinctions, ocean overfishing and acidification, global financial instability, mounting social disparities and injustices are all merely symptoms of a system that has been out of control for centuries (despite our earnest attempts to convince ourselves otherwise.) We have no choice left – or perhaps we never really had any other choice – but to ride the dragon until the human overshoot corrects itself, as overshoots always do.

The silver lining I see is that all the pressures coming from this process of correction can be useful goads toward personal self-development. “In all matters, strive to do the right thing.” What does this mean to each of us? What does mindful living in the midst of the whirlwind entail, what does it require of us in terms of personal growth, in the development of wisdom and self-awareness? How might each of us resolve our alienation – from each other, from our societies, from nature, from our own place in the universe?  How may we find the re-connections that are essential if we are to emerge from this tumultuous, careless human adolescence into individual and collective adulthood? These are deep questions for dark times.
Paul Chefurka

The Visionary Art of Kathleen Farago May

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Complete list of articles

Climbing the Ladder of Awareness
When it comes to our understanding of the unfolding global crisis, each of us seems to fit somewhere along a continuum of awareness that can be roughly divided into five stages:

  1. Dead asleep. At this stage there seem to be no fundamental problems, just some shortcomings in human organization, behaviour and morality that can be fixed with the proper attention to rule-making. People at this stage tend to live their lives happily, with occasional outbursts of annoyance around election times or the quarterly corporate earnings seasons.

  2. Awareness of one fundamental problem. Whether it’s Climate Change, overpopulation, Peak Oil, chemical pollution, oceanic over-fishing, biodiversity loss, corporatism, economic instability or sociopolitical injustice, one problem seems to engage the attention completely. People at this stage tend to become ardent activists for their chosen cause. They tend to be very vocal about their personal issue, and blind to any others.

  3. Awareness of many problems. As people let in more evidence from different domains, the awareness of complexity begins to grow.  At this point a person worries about the prioritization of problems in terms of their immediacy and degree of impact. People at this stage may become reluctant to acknowledge new problems – for example, someone who is committed to fighting for social justice and against climate change may not recognize the problem of resource depletion.  They may feel that the problem space is already complex enough, and the addition of any new concerns will only dilute the effort that needs to be focused on solving the “highest priority” problem.

  4. Awareness of the interconnections between the many problems. The realization that a solution in one domain may worsen a problem in another marks the beginning of large-scale system-level thinking. It also marks the transition from thinking of the situation in terms of a set of problems to thinking of it in terms of a predicament. At this point the possibility that there may not be a solution begins to raise its head.People who arrive at this stage tend to withdraw into tight circles of like-minded individuals in order to trade insights and deepen their understanding of what’s going on. These circles are necessarily small, both because personal dialogue is essential for this depth of exploration, and because there just aren’t very many people who have arrived at this level of understanding.
  5. Awareness that the predicament encompasses all aspects of life.  This includes everything we do, how we do it, our relationships with each other, as well as our treatment of the rest of the biosphere and the physical planet. With this realization, the floodgates open, and no problem is exempt from consideration or acceptance. The very concept of a “Solution” is seen through, and cast aside as a waste of effort.

For those who arrive at Stage 5 there is a real risk that depression will set in. After all, we’ve learned throughout our lives that our hope for tomorrow lies in  our ability to solve problems today.  When no amount of human cleverness appears able to solve our predicament the possibility of hope can vanish like a the light of a candle flame, to be replaced by the suffocating darkness of despair.

How people cope with despair is of course deeply personal, but it seems to me there are two general routes people take to reconcile themselves with the situation.  These are not mutually exclusive, and most of us will operate out of some mix of the two.  I identify them here as general tendencies, because people seem to be drawn more to one or the other.  I call them the outer path and the inner path.

If one is inclined to choose the outer path, concerns about adaptation and local resilience move into the foreground, as exemplified by the Transition Network and Permaculture Movement. To those on the outer path, community-building and local sustainability initiatives will have great appeal.  Organized party politics seems to be less attractive to people at this stage, however.  Perhaps politics is seen as part of the problem, or perhaps it’s just seen as a waste of effort when the real action will take place at the local level.

If one is disinclined to choose the outer path either because of temperament or circumstance, the inner path offers its own set of attractions.

Choosing the inner path involves re-framing the whole thing in terms of consciousness, self-awareness and/or some form of transcendent perception.  For someone on this path it is seen as an attempt to manifest Gandhi’s message, “Become the change you wish to see in the world,” on the most profoundly personal level.  This message is similarly expressed in the ancient Hermetic saying, “As above, so below.” Or in plain language,  “In order to heal the world, first begin by healing yourself.”

However, the inner path does not imply a “retreat into religion”. Most of the people I’ve met who have chosen an inner path have as little use for traditional religion as their counterparts on the outer path have for traditional politics.  Organized religion is usually seen as part of the predicament rather than a valid response to it. Those who have arrived at this point have no interest in hiding from or easing the painful truth, rather they wish to create a coherent personal context for it. Personal spirituality of one sort or another often works for this, but organized religion rarely does.

It’s worth mentioning that there is also the possibility of a serious personal difficulty at this point.  If someone cannot choose an outer path for whatever reasons, and is also resistant to the idea of inner growth or spirituality as a response the the crisis of an entire planet, then they are truly in a bind. There are few other doorways out of this depth of despair.  If one remains stuck here for an extended period of time, life can begin to seem awfully bleak, and violence against either the world or oneself may begin begin to seem like a reasonable option.  Keep a watchful eye on your own progress, and if you encounter someone else who may be in this state, please offer them a supportive ear.
From my observations, each successive stage contains roughly a tenth of the number people as the one before it. So while perhaps 90% of humanity is in Stage 1, less than one person in ten thousand will be at Stage 5 (and none of them are likely to be politicians).  The number of those who have chosen the inner path in Stage 5 also seems to be an order of magnitude smaller than the number who are on the outer path.

I happen to have chosen an inner path as my response to a Stage 5 awareness. It works well for me, but navigating this imminent (transition, shift, metamorphosis – call it what you will), will require all of us – no matter what our chosen paths – to cooperate on making wise decisions in difficult times.

Best wishes for a long, exciting and fulfilling  journey.

Bodhi Paul Chefurka
October 19, 2012

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